Van Bard

Vanlife : une philosophie de vie ?

Si bouleverser votre quotidien au point de vivre dans un espace aussi réduit qu’un van vous attire, ne serait-ce que pour quelques temps, la probabilité est grande que vous soyez d’une façon ou d’une autre des poètes ; et qu’est-ce qu’un poète sinon un résistant à la bêtise, sœur de l’habitude. Les surréalistes approuveraient, parmi bien d’autres. Bienvenue aux poètes, donc !

Une deuxième possibilité, plus répandue et pragmatique, consiste en la recherche d’un mode de vie plus écologique et économique. Que ce soit pour freiner le désastre climatique ou pour se préparer à ses conséquences, ou encore afin de se prémunir financièrement, l’hypothèse est alors qu’une vie plus minimaliste et autonome relève aujourd’hui de la lucidité, à la fois collective et personnelle.

Un troisième type de projet assez largement représenté lui aussi réside dans l’alliance de l’ego et du lucre, à travers le couple bobo-cool. Le kit de base comprend un grigri spirituel et une bonne humeur que rien ne semble jamais pouvoir entamer. Elément d’explication : la nette préférence de la partenaire pour des tenues à haut potentiel bruit d’abeillebuzz en anglais, quand on se passe du second degré.

Enfin, il y a tous ceux qui veulent simplement voir du pays. Ou rencontrer des gens. Ou vivre plus près de la nature. Ou tout simplement partir. Partir vraiment. Partir un jour. Sans retour… Effacer vous-savez-quoi.

Peut-être êtes-vous un peu de tout cela ?

Si vous lisez ces quelques lignes, il est à parier que vous nourrissez projet semblable. Avant de vous lancer dans les détails pratiques, je vous invite à réfléchir aux différentes modalités et conceptions sous-jacentes à ce mode vie, en percevoir les nuances et les implications, afin de préciser vos propres besoins.

Un van aménagé n’est ni un camping-car, ni une tiny house… C’est encore moins un kangourou. A moins d’aménager une Renault Kangoo, mais ça c’est une autre histoire.

Bref, je rebondis sur ce constat et vous pose ces questions :

  • Pourquoi voulez-vous vivre de cette façon ?
  • Pour quelle durée ?
  • Avez-vous une expérience qui s’en rapproche ?
  • Voyagerez-vous en solitaire ou en compagnie ? Voire en famille ?
  • Quels sont vos diverses obligations ?
  • A quel point êtes-vous prêt(e) à ne plus les considérer comme telles ?
  • S’il y en a qui sont bien réelles, un compromis est-il possible ?

Ces questions, en plus de concerner la pertinence globale du projet, vont jouer dans le choix du véhicule et de son type d’aménagement.

Pour conclure, je vous invite également à vous imprégner de l’incipit de La Nuit d’obsidienne de François Emmanuel :

Sait-on jamais pourquoi l’on part.

Certains veulent tromper l’ennui, d’autres exténuer le vide qu’ils portent en eux. Il en est que chasse la mort d’un proche et qui de cette absence, cherchent à transfigurer le monde comme on éparpille dans le vent les cendres du défunt. D’autres encore trébuchent d’hôtel en hôtel et vont toujours plus loin consoler leur blessure. Ceux-là ne partent pas vraiment. Parfois les attaches qui nous tiennent sont devenues lâches quand s’ouvre soudain la trouée de partir.

Je crois que c’est ce qui m’est advenu.

Prenez le temps de la réflexion. Laissez infuser, au risque de boire la tasse.

Mais si vous êtes toujours au sec, alors levez-vous, ouvrez toutes vos portes mentales, laissez l’air circuler librement.

Et sortez.